Ainsi j'accours vers la clarté

En d'ineffables apartés ;

Et les mots ne me servent guère,

M'agrippant sans qu'ils me libèrent.

 

Car comment rendre cette joie,

Cette paix que procure un ciel

Se reflétant dans mes prunelles ?

Longtemps je les savoure en moi !

 

La contemplation me saisit,

Plus que je ne la crée vraiment :

Elle vient à moi, et paisible,

M'emporte en son sein un moment.

 

Pourtant, si je ne me dirige

Vers sa lumière à tout instant,

Ce jour peut être inconsistant,

Perclus qu'il est de maints litiges.

 

Dès le lever jusqu'au coucher,

Je dois sarcler la bonne terre,

Extirper ce qui m'exaspère,

Pour que Dieu vienne me toucher.

 

Si je n'aplanis pas sa Route,

Comment pourra-t-Il me parler ?

Si je laisse grossir le doute,

Il peinera à m'enflammer.

 

C'est là que ma foi intervient,

Qui doit s'abandonner à Lui ;

Toujours, quoi qu'il arrive, Il luit

Et resplendit en vue du Bien.

 

Je suis un passage obligé,

Pour que sa Bonté s'épanouisse

En tout mon être, et de là glisse,

S'il se peut, vers ses bien-aimés.

 

Si dès lors sa Beauté j'adore,

Ce n'est pas pour La retenir,

Mais pour La livrer âme et corps

À ceux qu'Il me donne à bénir.

 

J'exprime là en quelques mots

Un sentiment instantané,

Qui grandit au fil des années,

Repoussant sans cesse tous maux.

 

Que Dieu me prête son Sourire

En cet aujourd'hui qui est sien !

En Lui, je ne peux pas mourir

Mais suis vivant pour son seul Bien !...